Le procès sur des malversations présumées à l'office HLM de Paris (Opac) s'ouvre cet après-midi à Paris.
Douze ans après l'ouverture de l'enquête sur des trafics qui auraient servi au financement occulte du RPR, 49 prévenus vont répondre jusqu'à 5 avril devant le tribunal correctionnel de Paris.Les prévenus sont d'ex-responsables de l'Opac ou des chefs d'entreprises, tous les politiques mis en cause ayant bénéficié d'annulations ou de non-lieux.
Ni Michel Roussin, ancien directeur de cabinet de Jacques Chirac à la mairie de Paris, ni Robert Pandraud, ex-président RPR du Conseil régionale d'Ile-de-France, ni Jean Tiberi, ex-maire de Paris et ancien président de l'Opac, ne seront donc sur le banc des accusés.
Parmi les prévenus figure le chef d'entreprise Francis Poullain, à l'origine de l'affaire: le Trésor public avait transmis à la justice, en janvier 1994, un dossier sur des factures suspectes honorées par plusieurs de ses sociétés de bâtiment.
Comptes en Suisse, sociétés écrans aux Bahamas ou Panama, liquide, fausses factures, c'est une énorme affaire de corruption qui a été mise à jour, comme ces "dons" que les sociétés du groupe Poullain versaient au Centre d'art contemporain de Meymac, petite ville de Corrèze dont le maire n'est autre que Georges Perol, directeur de l'OPAC, autre prévenu.
En mars 2001, le juge d'instruction Eric Halphen avait convoqué le président Jacques Chirac en qualité de témoin. Le chef de l'Etat ne s'était pas déplacé. En septembre 2000, il avait été mis en cause par une cassette vidéo posthume du "consultant" Jean-Claude Méry, un personnage clé de l'affaire. Mort en juin 1999, celui-ci avait enregistré des "confessions" en mai 1996.
Méry, qui aurait touché selon les enquêteurs quelque 38 millions de F (5,7 millions d'euros) en "commissions", y décrivait longuement un système de trucage des marchés publics parisiens servant au financement politique, parlant notamment de 5 millions de F u'il aurait remis en cash à Michel Roussin, en présence de Jacques Chirac, alors Premier ministre.
Finalement, tous les actes concernant Jacques Chirac ont été annulés pour vice de forme.
L'affaire a connu toute une série de rebondissements, comme la découverte lors d'une perquisition chez Jean Tiberi d'un rapport controversé signé par son épouse Xavière, l'épisode Schuller-Maréchal, où le beau-père du juge Halphen a été incité à la corruption, ou le désaisissement du même juge.
A la clôture de l'instruction, le juge Armand Riberolles, qui l'a remplacé en septembre 2001, a estimé que l'enquête n'avait pas établi "formellement l'implication personnelle de responsables au sein de l'appareil politique du RPR", malgré de nombreux témoignages. |
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